Véritable chef-d’œuvre d’ingénierie côtière, la passerelle des Capucins marque l’extrémité historique du quai de halage vers le port d’Audierne. Sa remarquable structure métallique aérienne, conçue dans l’esprit « Eiffel », permet à la houle de s’écraser au fond de l’anse sans perturber la quiétude des eaux du port ni menacer les bateaux amarrés à quai.
L’histoire de ce site d’exception prend racine dans la première moitié du XIXe siècle, lors d’un vaste projet de modernisation des infrastructures portuaires. Alors que les conditions d’accostage s’amélioraient grâce à la construction de quais, de cales et d’escaliers entre 1819 et 1847, et que l’accès maritime fut sécurisé par l’édification du môle du Raoulic et de son phare, un défi technique majeur persistait pour les gens de mer. En effet, les vents de sud et sud-ouest, très propices à l’entrée dans le port, rendaient la sortie à la voile quasiment impossible, d’autant plus que l’étroitesse du chenal interdisait aux navires de louvoyer convenablement.

Il fut donc décidé de bâtir un chemin de halage reliant le vieux môle à celui du Raoulic. Les travaux, débutés en 1859, s’interrompirent dix ans plus tard. Alertés par les marins audiernais, les ingénieurs des Ponts-et-Chaussées réalisèrent que cette construction accentuait un ressac destructeur jusqu’au bassin portuaire. On renonça au plan initial pour préserver la grève des Capucins et laisser les vagues s’y briser naturellement. Après les retards provoqués par la guerre de 1870, l’ingénieur Havé et la commission nautique validèrent l’installation d’une élégante passerelle sur pieux métalliques, finalement inaugurée en 1894.
Avec la généralisation des moteurs, l’intérêt portuaire de cet ouvrage devint obsolète. Intégrée au domaine public communal en 1961, la structure fut sauvée de la rouille grâce à une grande restauration menée entre 2001 et 2002.